RICHIE EUROPA NEWSLETTER Newsletter d'information sur l'Histoire de la Construction Europeenne no 2, juin 2006 Richie Europa Newsletter est une newsletter destinee a di user des informations sur tous  les aspects de la construction europeenne ; elle se fait l'echo des activites de l'association Richie (Reseau International de jeunes Chercheurs en Histoire de l'Integration Europeenne), qui vise eens (http://www.europe-richie.org/). a faciliter les contacts entre jeunes chercheurs europ Europa propose des rubriques recurrentes telles que : - « Opinion » : des articles proposant de nouveaux champs de recherches, des billets d'humeur, des re exions historiographiques. - « Archives » : l'actualite des archives de l'histoire de la construction europeenne (nouveaux fonds ouverts au public, presentation de fonds d'archives, de centre de recherche). - « Work in Progress » : cette rubrique presente des travaux de recherche en cours ou recemment acheves. Vous pouvez nous adresser un resume de votre travail (avec la mention du directeur de recherche et de l'universite de rattachement). - « Reviews » : o re des compte-rendus de lecture sur des ouvrages recents portant sur la construction europeenne (les auteurs etant evidemment seuls responsables des opinions exprimes dans ces articles). Toutes les contributions sont les bienvenues. Les articles sont rediges indi eremment en Francais et en Anglais. Adressez vos contributions a Christophe Le Dreau, qui coordonne cette lettre (ledreauchristophe@yahoo.fr). Le calendrier previsionnel des prochaines parutions de Europa, Newsletter d'information sur l'Histoire de la Construction Europeenne, est xe comme suit : numero 3 vers le 15 septembre, numero 4 vers le 15 decembre 2006. RICHIE ACTIVITIES ´ « Editorial » ............................................................................. p. 2 Laurent Warlouzet (president de l'association Richie) « Le nouveau logo de Richie » ............................................................ p. 3 Christian Wenkel (Sciences Po Paris) « Bilan du fonctionnement de la liste de di usion » ....................................... p. 4 Jenny Ra ik (moderatrice) « Frequentation du site Web » ........................................................... p. 4 ´ Emilia Robin Hivert (webmestre) ARTICLES The History of European Research Society (HEIRS)...................................... p. 5 Linda Risso (Universite Libre de Bruxelles) Les Liberaux britanniques et l'Europe : ambivalences et euroscepticisme (1997{2006) . . . . . p. 6 Christophe Le Dreau (Universite Paris 1{Pantheon Sorbonne) Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) « Une frontiere de type nouveau ? pratiques et representations de la frontiere communiste en Europe, de la Revolution d'Octobre aux annees 1950 » (Paris, mai 2006)................ p. 15 ´ Compte-rendu par Jenny Ra ik (Universite Paris 1{Pantheon Sorbonne) et Emilia Robin-Hivert (Universite Paris Sorbonne{Paris IV) ARCHIVES Fonds David Owen (Universite de Liverpool, Grande-Bretagne) ......................... p. 20 Christophe Le Dreau WORK IN PROGRESS Porter l'idee europeenne au-dela des frontieres. Activisme paneuropeen en Suisse dans les annees 1930.................................................................................... p. 21 par Thomas Bre Libre de Berlin) uckner (Universit « Ordres nouveaux » ? Geopolitiques de l'europeisme et espace republicain en France, 1919- 1974 ................................................................................... p. 23 Carol Bergami (Universites Albert-Ludwig de Freiburg, et Paris 1{Pantheon Sorbonne) Theses soutenues en 2005{2006 ......................................................... p. 24 ´ ACTUALIT E DES COLLOQUES Colloques et journees d'etudes sur la construction europeenne (juillet{septembre 2006) . . p. 26 RICHIE ACTIVITIES ´ * Editorial (Laurent Warlouzet, president de l'association Richie) ` A l'heure d'Internet et des vols low costs, les echanges entre les jeunes chercheurs europeens paraissent toujours aussi diciles. Cette situation est particulierement handicapante dans le domaine de l'histoire de l'integration europeration transfrontali eenne, car la coopere est a la base m^eme de l'objet d'etude. Informer, mettre en relation, faciliter le travail en commun, telles sont les ambitions de l'association RICHIE, creee il y a maintenant deux ans. RICHIE cherche a faciliter les contacts entre les jeunes chercheurs en histoire de l'integration europeenne par l'organisation d'activites di erentes et complementaires de celles mises en uvre par les universites. Il s'agit tout d'abord d'un grand colloque reunissant exclusivement des jeunes chercheurs - erence des colloques classiques |, avec le soutien des professeurs de rerence en histoire a la di ef´ de l'integration europeenne. Le premier a eu lieu a Paris en mars 2005 et va ^etre publie en juillet 2006 aux editions Peter Lang. Le second aura lieu a Copenhague en decembre 2006. Ensuite, la liste de di usion et le site Web assurent une information continue sur les evenements scienti ques (colloques, appels a contribution, sorties de livres, informations diverses). Ces outils Internet visent a faciliter l'echange d'information et le decloisonnement des espaces de la recherche. En n, des echanges plus informels sont organises. Des d^ners entre jeunes chercheurs permettent de maintenir le contact. Trois ont eu lieu (deux  a Paris, un a Bruxelles) et deux autres sont prevus (Paris et Londres). Des groupes de travail thematiques sont organises pour favoriser les echanges intellectuels autour de projets divers. Si vous avez des suggestions ou si vous souhaitez organiser une activite RICHIE, n'hesitez pas a nous rejoindre (contact@europe-richie.org)! 2 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) Quelques photos : le premier colloque (mars 2005), le d^ner a Bruxelles (fevrier 2006), le piquenique a Paris (juin 2006) In this age of internet and low-cost airlines, contacts between young researchers still appear dicult. This situation is especially problematic in European Integration History, because transnational cooperation is at the heart of this eld. The RICHIE association, created two years ago, aims to facilitate the exchange of information, joint work and the creation of networks among young researchers. It seeks to ful ll its aim by organising activities that are both di erent and complementary from university events. Firstly, this includes organising major conferences for young researchers - unlike the more traditional conferences |, with the support of leading professors in European Integration History. The rst such event took place in Paris in March 2005, and will be published in July 2006. The second conference will be held in Copenhagen in December 2006. Secondly, our mailing-list and website provide daily-updated information about scienti c activities throughout Europe (conferences, call for papers, new books, informations). These electronic tools aim to spread information and overcome the arti cial barriers within our eld Finally, informal exchanges are organized. Three dinners with young researchers were held (two in Paris, one in Brussels) and two more are planned (Paris and London). Additionally there are also workshops, which try to encourage discussions and debates on various themes. If you had any suggestions or want to organise a RICHIE event, please don't hesitate to contact us at contact@ europe-richie. org ! * Le nouveau logo de Richie (Christian Wenkel) Toute institution a besoin d'un logo. Il en est de m^eme pour RICHIE qui f^etera bient^ot ses deux ans d'existence. Au cur de l'activite de notre association se trouve l'Europe et l'histoire de sa construction. Il fallait donc trouver un logo qui renvoie a notre principal inter^et, l'Europe. Mais le drapeau europeen avec ses etoiles jaunes sur fond bleu, symbole d'Europe par excellence a tellement ete utilise qu'il ne nous paraissait guere possible de le reprendre a notre tour. C'est gr^ace a un graphiste allemand, Sven Sochac zewsky, qui travaille eseau euro- a Paris pour le r peen d'agences de publicite Scholz&Friends, que nous avons pu faire face a ce de . Pour ne pas faire appel au bleu et au jaune du drapeau europeen, il a d'abord reuni les couleurs qui se retrouvent sur les di erents drapeaux europeens. En ce qui concerne la forme du logo elle-m^eme, elle represente le forum que RICHIE veut ^etre pour les jeunes chercheurs souhaitant echanger librement des idees concernant l'histoire de l'integration europeenne. Nous pro tons de cette occasion pour remercier tres chaleureusement Sven Sochaczewsky pour son excellent travail qu'il nous a o ert gracieusement et la patience dont il a fait preuve a notre egard ; mais aussi Guia Migani qui, en nous ouvrant sa maison et en creant ainsi un cadre tres agreable pour les discussions necessaires, nous a facilite le travail de decision. 3 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) * Bilan du fonctionnement de la liste Richie (Jenny Ra ik, moderatrice) La liste de di usion creee au lendemain du premier colloque Richie en mai 2005 fonctionne depuis plus d'un an maintenant avec un succes croissant. Son objectif - favoriser la circulation de l'information scienti que sur la vie universitaire dans le domaine de l'histoire de l'integration europeenne au XXe siecle, au sein de l'Europe entiere - semble tout a fait atteint. En e et, avec une moyenne de deux ou trois messages quotidiens, la liste a di use environ 200 programmes de colloques ou conferences, une vingtaine d'annonces de soutenance de these, pres de cent presentations d'ouvrages recents, et diverses informations pratiques destinees aux chercheurs en histoire de l'integration europeenne (bourses, postes, etc.). Chaque information envoyee au moderateur est veri ee puis retransmises par le moderateur a n d'eviter le spam, de garantir une mise en page uniforme et eviter les doublons. Les annonces envoyees sont ensuite mises en ligne sur le site Web, a la rubrique Agenda. Le nombre d'abonnes a triple depuis le lancement de la liste, juste apres le colloque RICHIE I ` d'avril 2005. A la date du 25 juin 2006, la liste compte 185 abonnes. Les nationalites representees dans les abonnements re etent la diversite du reseau, malgre une sur-representation des Francais et des Italiens. La liste di use d'ailleurs des informations en quatre langues : francais, anglais, italien et allemand. Les membres du reseau sont invit es a di user par ce canal toutes les informations a leur disposition pouvant interesser les autres chercheurs en histoire de l'integration europeenne, en les envoyant par mail au moderateur de la liste qui les di usera a l'ensemble des abonnes. L'adresse de contact est la suivante : richie@cines.fr. L'approvisionnement en information provient d'un nombre toujours trop restreint de chercheurs, et certains pays europeens restent malheureusement sous-representes. ´ * Bilan du site Web Richie ( Emilia Robin Hivert, webmestre) Le site Web de Richie a ouvert le 10 octobre 2005  a l'adresse http://www.europe-richie. org/1. Il est desormais desormais bien reference : sur Google France, « Richie » vient en quatrieme place, et « Europe Richie » en premier. Sur le Google anglophone, « Richie » est place loin, mais « Europe Richie » est premier. Depuis l'ouverture du site Richie, sa frequentation a augmente regulierement. Le tableau ci-dessous recapitule l'evolution de la frequentation. L'information la plus interessante gure en orange dans le graphique en haut a droite. Il s'agit du nombre de « sites » di erents qui se sont connectes, ce qui donne une bonne approximation du nombre de personnes di erentes qui ont consulte le site. De 460 environ en novembre, on est passe a 720 en fevrier, jusqu'a 1300 en mai. Le nombre impressionnant de 11879, ees a gauche, correspond au total de connexions enregistr au mois de mai sur le serveur Web (texte, images, feuilles de style, formulaires, etc.). 1 Il est heberge par l'APINC (association pour la promotion d'un Internet non commercial, http://www.apinc. org/), qui nous fournit egalement l'infrastructure pour les listes de di usion, ainsi que des statistiques regulieres de frequentation. Le tableau a ete genere automatiquement par notre hebergeur, avec le logiciel WebDruid. 4 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) Les visiteurs consultent en priorite l'agenda, mais aussi les notices biographiques du premier colloque Richie a Paris au printemps 2005. Celles-ci tiennent lieu d'un embryon d'annuaire, avant un veritable annuaire qui devrait voir le jour a la rentree 2006. Le reste se repartit entre les groupes de travail, le premier numero de la Newsletter, les archives. Le site Web semble jouer son r^ole d'information. Par exemple, a la date du pique-nique organis e a Paris le 22 juin, 49 personnes avaient regarde l'annonce. La majorite des visiteurs arrivent sur le site soit gr^ ace a leurs « favoris ¯, soit en suivant un lien depuis un site Web ou un logiciel de courrier. Un petit nombre nous arrive par le biais d'un moteur de recherche, a la suite de requ^etes variees. En mai 2006, par exemple, environ 10-15% des requ^etes concernaient reellement Richie (« Richie ¯, « Richie Network ¯, « Richie II Conference ¯, etc.). Le reste consistait pour un quart en recherches concernant un individu, pour trois quart en recherches variees. La plupart du temps, les internautes aboutissent au site Richie en faisant des recherches concernant la recherche et l'histoire europeenne : « appel a communication pour  des colloques d'histoire en 2007 ¯, « advantages and disadvantages for romanian integration in UE ¯, « bourses d'etudes aux etudiants rwandais dans les universites belges ¯, etc. Dans certains cas, les recherches sont sans rapport : « Les sports d'opposition sont ils bene ques aux jeunes ¯, « web cam gratuite ¯, etc. ARTICLES * The History of European Research Society - HEIRS (Linda Risso) Initiated in the summer of 2004 by a group of doctoral researchers, the History of European Integration Research Society (HEIRS) aims to facilitate communication and the exchange of information among researchers with an interest in the history of European integration. In particular, HEIRS was established to overcome the sense of isolation that many postgraduate students experience during their doctoral research and to o er a forum to exchange information and initiate collaboration. HEIRS is currently managed by six researchers of di erent academic backgrounds and institutional aliations : Lucia Faltin, Marion Guiral and George Wilkes (from University of Cambridge), Brigitte Leucht and Katja Seidel (from University of Portsmouth) and Linda Risso (from Universite Libre de Bruxelles). Initially aimed at gathering together researchers working in British universities, HEIRS has expanded considerably over the past two years and has established strong links with universities and research centres on the Continent. It counts 160 members from more than 12 European countries. Over the past two years, HEIRS has developed into an active and lively network. The HEIRS annual conferences have o ered young researchers the chance to meet and present the results of their ongoing research in a friendly and supportive environment. The aim of these meetings is to bring together researchers from across Europe and from di erent backgrounds and to put them in contact with established academics. At the rst conference, in November 2004 in Cambridge, researchers gathered to discuss the broad state of research in the eld of European integration history. Further, the conference provided a forum to openly discuss various pragmatic issues related to the PhD process, ranging from the diculties in retrieving information regarding ongoing research to the challenges of multinational (archival) research. 5 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) The second conference (Portsmouth, November 2005) featured a more speci c goal, namely to explore interdisciplinary and=or methodological issues relating to the study of European integration. Under the heading "The making and unmaking of the European Union : Fifty- ve years of crabwalk ?", research students and postdoctoral researchers from all over Europe and from diverse disciplinary backgrounds assembled to present their ideas and ndings. The booklets with respective collections of conference papers are accessible online. Whilst the rst two international conferences were held in the UK, the third conference is going to be organised by So e Huber in Geneva, Switzerland. Moreover, HEIRS has sought to foster and intensify networking activities through other formats, such as its website (http://www.cjcr.cam.ac.uk/heirs/heirs.html) and mailing list. The website o ers useful information on new publications, links to archives and institutions pertaining to the study of European integration and details on organisations and students groups which may be of interests to researchers working of Modern European History. HEIRS also circulates information about conferences, workshops, scholarship and funding opportunities through its mailing list. In 2006, the Society has organised its rst Essay Prize competition. The prize was awarded to Takeshi Yamamoto's essay on "Detente or Integration ? : EC Response to Soviet Policy Change towards the Common Market, 1970{1975". In selecting the winning paper, HEIRS has relied on the expertise of a high-ranking panel of judges comprising Prof. Gerard Bossuat (Universite de Cergy-Pontoise), Prof. Robert Gildea (University of Oxford), Dr. Piers Ludlow (London School of Economics) and Prof. Wolfgang Schmale (Universit at Wien). The winning essay is going to be published in the journal Cold War History which is part of the Taylor&Francis Group and housed by the LSE Cold War Studies Centre. The RICHIE and HEIRS Steering Committees are going to meet in early July 2006 in London to explore ways to tighten collaboration among the two societies and possibly plan future common activities. For information, please write to Linda Risso : linda.risso@gmail.com * Les Liberaux britanniques et l'Europe : ambivalences et euroscepticisme, 1997{2006 (Christophe Le Dreau2 ) Remarque liminaire : cet article est une retranscription partielle d'une communication donnee au colloque organise les 9 et 10 juin 2006 a Paris (Universite de Paris III) sur « La Grande- Bretagne et l'Europe depuis 1997 ¯. Il s'agit donc d'un « work in progress » ou d'un simple rapport d'etape qui ne tient pas compte des questions posees sur ce travail lors du colloque, des re exions personnelles de l'auteur depuis la presentation orale. L'etude de certain groupes eurosceptiques qui n'ont pas ete evoques a l'oral pour des questions de temps seront ajoutes et discutes dans la version ecrite de la communication. Une version completee et achevee sera publiee aux Presses Universitaires de Dijon en 2006 ou 2007 dans les actes du colloque. Introduction : Le mythe du complot liberal Ne au XIXe siecle, forme au XIXe siecle, il lui repugne tout de m^eme de s'abandonner completement a l'internationalisme tel que le conevolutionnaires, les marxistes. coivent les r Il cherche un moyen terme entre l'idee internationale et l'idee de patrie. Il croit la trouver  2 Agrege d'histoire, Universite de Paris 1{Pantheon Sorbonne ; Charge de cours a l'Institut d´ Etudes Politiques de Paris. 6 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) ee europ« bon europeen » est un a la fois dans la SDN et dans l'ideenne. C'est que notre liberal, il represente m^eme l'e ort du liberalisme pour se renouveler, s'elargir, s'adapter au siecle antiliberal qu'est deja le n^otre...3 Peu de temps apres l'episode du plan Briand, en 1929, premiere veritable tentative d'etablir une communaute europeenne, l'aristocrate Gonzague de Reynold, conservateur et catholique, lancait son cri de haine contre l'Europe des liberaux. Depuis cette date l'adhesion sans faille des liberaux au projet d'Europe unie semble ^etre une realite et un lieu commun incontournables alors que eurissent les slogans hostiles sur l'« Europe liberale » ou l'« Europe ultra-liberale » 4 . Les noms de William Beveridge, Walter Layton, Lionel Robbins, Arthur Salter5 et de tant d'autres rappellent la realite de leur engagement europeiste en Grande-Bretagne. Le parti Liberal Democrate (ou Lib Dems), apparu en 1988 par la fusion du Social Democratic Party et du Liberal Party, occupe aujourd'hui encore une place a part dans le paysage politique britannique6, etant la seule des trois grandes formations politiques a vocation gouvernementale a ne pas ^etre menacee d'implosion par la question europeenne. Pourtant, les Liberaux sont les grands oublies des recherches sur la construction europeenne si l'on compare le nombre d'etudes qui leur sont consacremocrate ees a celles sur la famille d chretienne ou social-democrate7 . Probablement parce que l'europeisme des liberaux est un non- objet d'etude tant leur engagement para^t acquis. La presente analyse ne pretend pas combler toutes ces lacunes, ni o rir un tableau global de l'attitude des liberaux britanniques face a l'Europe, mais seulement souligner un aspect rarement mis en avant chez les liberaux : les ambivalences de leur discours europeen, l'existence d'un courant eurosceptique liberal. On cherchera donc aexpliquer pourquoi il n'y a pas eu la structuration d'une minorite, signi cative et durable, capable de porter un discours eurosceptique au sein des Lib Dems. Dans le m^eme temps, il s'agira de souligner la frilosite croissante des liberaux britanniques face ecente d'un embryon de courant anti-europelement a l'Europe et la mise en place reen parall aux tentatives repetees de Paddy Ashdown puis de Charles Kennedy, et de Menzies « Ming » Campbell aujourd'hui, pour edulcorer le discours federaliste du Liberal Democrat Party. Le parti est face e politique originale, entre les travaillistes a deux alternatives : se doter d'une identit et les conservateurs, en utilisant le theme des relations internationales, a savoir le soutien a l'Europe, le refus de l'intervention a l'Irak ; se suicider politiquement en se coupant d'une partie de leur electorat qui ne se distingue pas des electeurs du Labour et du Conservative Party sur la question europeenne. Deja en 1961, Violet Bonham Carter, pilier du Parti Liberal et lle de l'ancien premier ministre Asquith, posait le dilemme europeen des liberaux : 3 Gonzague de Reynold, L'Europe tragique, Paris, Spes, 1935, p. 397. 4 Le prix Nobel d'economie Maurice Allais s'est o usque de cette assimilation du liberalisme a l'Union euro- peenne telle qu'elle existe actuellement : « Suivant les avis les plus autorises, a gauche comme a droite, le projet de Constitution, s'il etait adopte, representerait un rempart majeur contre "les exces du liberalisme". Une confusion essentielle resulte ici de la signi cation attribuee au mot liberalisme. En fait, la doctrine liberale est une doctrine politique destinee a assurer les conditions, pour vivre ensemble, des ressortissants d'une collectivite donnee. Mais, dans les discussions actuelles, le "liberalisme" correspond a ce qu'il conviendrait plut^ot d'appeler la "chienlit laisser-fairiste". Il convient donc de mettre entre guillemets le mot "liberalisme", tel qu'il est utilise actuellement par les principaux partis politiques. Je me bornerai ici erement signi catifs, parmi une a deux exemples particuli multitude d'autres. Le 24 mars 2006, Jack Lang a presente sur RTL un expose passionne soutenant que la seule protection contre "les exces du liberalisme" etait l'adoption du projet actuel de Constitution. Le m^eme jour, la presse faisait etat de la "charge de Jacques Chirac contre l'Europe liberale", en s'appuyant precisement sur la protection qui serait assuree par le projet de Constitution contre les exces de l'"Europe liberale". » (Maurice Allais, « Aveuglement ¯, Le Monde, 15 mai 2006). 5 Christophe Le Dreau, Arthur Salter face a l'idee d'Europe unie (1929{1951), Memoire de DEA sous la direction de Robert Frank, Universite de Paris 1{Sorbonne, Institut Renouvin, 2001. 6 Chris Cook, A short History of the Liberal Party (1900{1988), Basingstoke, Macmillan, 1998.  7 Pascal Delwit, dir., Liberalismes et partis liberaux en Europe, Bruxelles, Editions de l'Universite de bruxelles, ´ 2002, 292 p. Nicolas Rousselier, L'Europe des liberaux, Bruxelles, Editions Complexe, 1991, 225 p. 7 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) Both the major parties are, as you see, split down the middle about it and one understands exactly why. Many tories still don't realise that we have already lost "national sovereignty", through NATO, UN, GATT, IMF, etc., etc. (Suez was a good practical demonstration of this fact). The Labour Party are jingo little Englanders, economic Nationalists and xenophobes who dread the "foreigners". Liberals alone have been united in backing the Common Market, but they will get no credit for it, I fear !8 L'ere Paddy Ashdown, un certain ^age d'or (1988{1999) Le Liberal Democrat Party est le seul parti britannique a soutenir ociellement le federalisme europeen. Certains ont voulu voir dans ce positionnement europeiste la volonte de se demarquer tant des travaillistes que des conservateurs, de se doter ainsi d'une identite politique forte alors que l'ideologie liberale traditionnelle se diluait tant au Conservative Party de Margaret Thatcher qu'au Labour Party de Tony Blair9 . La prise en main du Parti travailliste par Tony Blair a eu une evolution certaine sur la position des Lib Dems : On peut en e et observer un leger changement d'attitude vis-a-vis de l'Europe depuis 1994, moment ou l'evolution du Parti travailliste rapprochait celui-ci du centre et ou les liberauxdemocrates pouvaient donc s'interroger sur une alliance, formelle ou informelle, avec le New Labour. Entrevoyant la possibilite de s'approcher du pouvoir, le parti de Paddy Ashdown attenua sa position europeaniste, en recusant desormais le federalisme.10 Il faut poursuivre par un constat : il n'y a jamais eu de faction eurosceptique structuree, durable et signi cative au sein des Lib Dems, pas de minorite hostile a l'Europe capable de  proposer un discours alternatif sur la construction europeenne. Que le parti liberal democrate n'ait jamais ete menace d'implosion en raison de la question europeenne durant tout le leadership de Paddy Ashdown est la grande originalite des Lib Dems dans le paysage politique britannique. Tout au plus faut-il parler d'individualites marginales et isolees. Qu'il suse de rappeler qu'en 1992 un seul MP liberal democrate, sur les 20 que compte alors le parti ala Chambre des Communes, a vote contre le traite de Maastricht. Il faut expliciter cette enigme. Trois types d'interpretations ont ete avancees : - ideologiques : les peres fondateurs de l'internationalisme liberal, Richard Cobden en t^ete ´ au XIXe siecle, plaidaient deja pour les Etats-Unis d'Europe. Le liberalisme est une source evidente de l'europeisme moderne. - politiques : la mise a l'ecart forcee du pouvoir a permis aux liberaux de developper un discours sur l'Europe moins pragmatique, plus radical, en l'occurrence ici federaliste, sans avoir a gerer les compromis et compromissions. - structurelles : « l'unite est plus facile lorsque le parti est de taille reduite » 11 . Nous proposons ici l'hypothese que s'il n'y a pas eu la structuration d'une minorite eurosceptique signi cative et durable au sein des Lib Dems, ce n'est pas en raison d'une foi europeiste plus poussee que dans les autres partis britanniques et marginalement pour des facteurs politiques et structurelles. L'explication est avant tout historique. Cela tient essentiellement aux aleas et aux hasards de l'itineraire du parti liberal : les cadres et les militants du parti qui auraient pu 8 Mark Pottle, dir., Daring to hope : the Diaries and Letters of Violet Bonham Carter (1946{1969), Londres, Weidenfeld & Nicolson, p. 240. La lettre est datee du 15 juin 1961. 9 Scott Clarke, John Curtice, "the Liberal democrats and european integration", dans David Baker et David Seawright, dir., Britain For and Against Europe, Oxford, Clarendon Press, 1998. On rapprochera cette vision de l'Europe comme facteur d'identite politique de l'attitude de l'UDF en France. Les deux partis collaborent d'ailleurs activivement au sein de Alliance of Liberals and Democrats for Europe, au Parlement de Strasbourg. 10 Pauline Schnapper, La Grande-Bretagne et l'Europe : le grand malentendu, Paris, Presses de Sciences-Po, 2000, p. 162. 11 Ibid., p. 160. 8 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) former l'ossature d'une telle faction hostile a l'Europe ont choisi, en 1988, de refuser la fusion du SDP et Liberal Party. Ils ont fait le choix de quitter le parti, laissant la direction des Lib Dems developper sans contestation sa position ocielle sur l'Europe. On fait rarement l'histoire des vaincus mais il convient de rappeler que le processus de fusion de 1988 entre le Social Democratic Party (SDP) et le Liberal Party a ete houleux12 et que, surtout, son resultat a ete la creation, non pas d'un seul mais de trois partis politiques : les Lib Dems de Paddy Ashdown, le principal et le seul  a occuper une position de choix ; le SDP qui refuse de dispara^tre et perdure jusqu'en 1990 sous la direction de David Owen ; en n un Liberal Party distinct des Lib Dems, refonde en 1989 par une poignee de liberaux menee par le MP Michael Meadowcroft. David Owen13 a suivi un parcours tortueux. Dans les annees 1970, il soutient l'adhesion de la Grande-Bretagne a la CEE avant d'occuper en 1977 le poste de Foreign Secretary. Alors que Michael Foot prend la t^ete du Labour Party et op ere un virage a gauche, il forme, avec Roy Jenkins, Bill Rodgers, Shirley Williams, la « bande des quatre » (Gang of Four) qui fait scission et fonde le Social Democratic Party. Il dirige celui-ci de 1983 . a 198714 Seul de la Bande des Quatre  a refuser la fusion avec le Liberal Party, rapidement, il refonde le SDP en 1988 avant de se resoudre a son echec nal en 199015 . En 1992, Owen appelle a voter liberal-democrate la ou ceux-ci sont pr^efaut conservateur pour barrer la route au Labour. ets a l'emporter, ou a d David Owen opere depuis lors un lent chemin en direction du thatcherisme16 . Parallelement a sa conversion au conservatisme, D. Owen est devenu l'un des gures de l'euroscepticisme en Grande-Bretagne. Chairman de New Europe17, il collabore  a Business for Sterling avec qui il anime jusqu'en 2005 la campagne « No to the Euro » 18 . Le Liberal Party de Michael Meadowcroft19 pourrait aujourd'hui pretendre au statut de « single-issue party » tourne vers l'euroscepticisme. Desormais pris en main par Steve Radford20 , il bene cie d'une reelle implantation locale, a Liverpool en particulier. Sur l'Europe, le Liberal Party se prononce clairement contre l'Euro, lancant en 2001 une campagne intitulee « Stuff the Euro » 21. Le Liberal Party milite activement pour le recours systematique au referendum pour les questions europeennes22 . Son programme est resume par le slogan de « Commonwealth of Europe » : 12 On suivra le recit de Paddy Ashdown dans son journal intime publie depuis. 13 Ne en 1938, MP travailliste de Plymouth a partir de 1966, entre a la Chambre des Lords en 1992. Ses archives, conservees a l'Universite de Liverpool, ne manqueront pas d'interesser les historiens. 14 Ivor Crewe and Anthony King, SDP : The Birth, Life and Death of the Social Democratic Party, Oxford, Oxford University Press, 1996. 15 Le SDP n'existe plus en tant que parti national mais perdure toujours localement en tant que groupe politique local comme « mayor ¯ a Bridlington, dans le Yorkshire. En 2006, Christine Allerston est la seule britannique portant l'etiquette SDP. John Bates est son president depuis 1991. 16 John Major l'a approche pour lui con er un poste ministeriel, prix de son adhesion au parti conservateur. 17 Fonde en 1999, New Europe se d e nit comme un « cross-party group » dont le slogan est « Oui a l'Europe, non New Europe travaille conjointement a Business for Sterling et a tendance a ce confondre avec  a l'Euro ¯. cette derniere. En septembre 2000, Business for Sterling et New Europe co-organisent la campagne « No » contre l'adoption de l'euro par la Grande-Bretagne. 18 En 2005, la campagne s'interrompt alors qu'il semble acquis que le gouvernement de Tony Blair ne s'engagera pas dans le combat d'un referendum.  19 Ne en 1942, il est MP liberal de Leeds West de 1983 a 1987. A partir de 1967, il est l'un des permanents du parti pour le Yorkshire et appartient a l'equipe qui negocia la fusion SDP-Liberal Party. 20 Ne en 1957, il edite le magazine homosexuel Scotsgay. Il est aussi le principal organisateur de la Pride Scotia March. Il occupe aujourd'hui le poste de chairman du Liberal Party. 21 http://www.stufftheeuro.org.uk/ 22 Une resolution, votee lors de l'Assemblee du parti d'octobre 2003 a Kidderminster, proclame : « The Assembly believes that the Party's commitment to a written constitution requires the use of referenda to amend such a constitution ¯, tout en ajoutant que « The Liberal Party is opposed to the use of referenda except for determination of constitutional changes ¯. L'Assemblee de 2001 s'est egalement prononcee contre l'adoption du systeme metrique. 9 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) Elected, Liberal Party European Members of Parliament would work within the existing structure to persuade colleagues that there is no future in the European Union as currently constituted. We wish to replace what is popularly seen to be a malign and dictatorial institution with a benign, democratic body, the Commonwealth of Europe (CoE). Directives, secretive horse-trading between the ministers of member states and coercion based on the lowest common denominator would be replaced by openness, co-operation, free exchange of ideas and encouragement of best practice. Unlike the "British" Commonwealth, the United Nations and the Council of Europe, our Commonwealth of Europe would be governed by a democratically elected European Parliament. And, unlike the current talking shop in Strasbourg, our CoE Parliament would hire and re the European Commissioners. Moreover, we would like the CoE Parliament to oversee its own budget, initiate legislation, and hold its civil servants to account. We envisage that CoE income would be levied according to a xed percentage of each nation's Gross National Product.23 L'histoire virtuelle n'est pas une discipline universitaire mais force est de constater que les quelques MPs du SDP, allies a Michael Meadowcroft, renforces par les georgistes et les laissezfairistes du parti Liberal-Democrate, et sous la ferule de la tres forte personnalite de David Owen, auraient d^u former cette faction eurosceptique dont l'absence fait l'originalite des Lib Dems. Mais les eurosceptiques liberaux ont choisi de se structurer en dehors des Lib Dems24 . La consequence directe et heureuse fut que l'ere Paddy Ashdown a connu une reelle serenite face au debat europeen. Mais l'unite des Lib Dems face a l'Europe est ainsi pour le moins fragile et donc ne peut ^etre que temporaire. L'engagement europeiste du parti Liberal democrate est des lors surtout marque par l'ambivalence car son soutien peut se lire a di erents niveaux. Au niveau des dirigeants, depuis l'entre-deux-guerres, la position du Parti Liberal a ete un soutien sans faille eenne. Jemy Thorpe, dans ses memoires, statuait a la construction europer que « this is not a matter of arithmetic, but one of principle. This is not the rst time we in the Liberal Party have brunt of Europe, nor will it be the last. The Liberal Party pionereed the movement towards European unity in this country ? » 25 . Depuis sa transformation en Liberal Democrat Party en 1992, ses dirigeants successifs ont eu a soutenir, sans etats d'^ame, le Traite de Maastricht (Paddy Ashdown) et le projet de Constitution europeenne (Charles Kennedy). Repris en main par Menzies Campbell depuis mars 2006, les Lib Dems auront emoigner de a t leur attachement eenne en France et a l'Europe en crise depuis le refus de la constitution europ aux Pays-Bas26 . Au niveau des militants, les sondages font appara^tre des resultats surprenants. Leur conviction europeiste est en general inferieure a celle des militants du New Labour par exemple. Lors de la conference annuelle du Parti Liberal democrate, en septembre 2005, pour la premiere fois, le theme du soutien a la politique europeenne a ete utilise comme levier pour contester l'autorite du leader Charles Kennedy : « Europe is capable of dividing the Liberal Democrats just as it does the Conservatives » 27 . Troisieme et dernier niveau en n, les electeurs liberaux face auxquels les candidats du Liberal Democrat Party doivent souvent adapter le discours europeiste ociel des dirigeants a un electorat peu sensible au theme de l'Europe, voire eurosceptique. En 1997, seuls 45% des electeurs 23 Extrait de la brochure Are you fed up with the European Union ? So we are du Liberal Party en 1999. 24 Deja en 1950, les principaux opposants a la Communaute Europeenne du Charbon et de l'Acier, le tres virulent Dingle Foot en t^ete, avaient nalement quitte le parti liberal pour rejoindre, dans le cas de ce dernier le Labour. Arthur Salter, qui co-redigea le 16 juin 1940 avec Jean Monnet, un projet d'Union franco-britannique, acclama la CECA mais se montra frileux devant la CEE ; il se rapproche des rangs conservateurs a partir de 1950. 25 Jeremy Thorpe, In My Own Time, Londres, Politicos, 1999, p. 187. 26 Baines, Malcolm, « Liberals and Europe : The development of the Liberal commitment to Europe, 1945-64 ¯, Journal of Liberal History, Volume 42, printemps 2004. 27 L. Bennie, J. Curtice et W. Rudig, « Party Members ¯, dans D. MacIver, dir., The Liberal Democrats, 1996, p. 142. 10 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) liberaux-democrates se declaraient en accord avec les intentions europeistes du parti : l'economie, l'education et depuis 2003 l'opposition a l'intervention en Irak sont des themes plus attractifs que l'Europe28 . Ne se trouve-t-on pas alors face a un parti pour lequel l'Europe n'est qu'une epee de Damocles alors que des lignes de clivages apparaissent entre une elite europeiste et une base eurosceptique ? La contradiction entre ces trois niveaux est souvent resolue par un discours unique et passe-partout sur le theme tres ambivalent de la reforme necessaire des institutions de Bruxelles. Cet appel emocratisation des institutions bruxelloises permet d'acher un a la d europeisme qui n'est pas contradictoire avec les doutes des militants et des electeurs liberaux. L'ere Charles Kennedy, le temps des de s (1999{2006) Charles Kennedy succede a Paddy Ashdown en 1999. La t^ache du nouveau leader n'est pas aisee car il doit alors faire face a trois de s europeens majeurs qui, au sein des partis conservateur et travailliste, auraient constitue autant de facteurs de division : l'adoption de l'Euro par la Grande-Bretagne, le recours a la pratique du referendum pour les grandes questions europeennes, la constitution pour l'Europe a 25. Le premier defi majeur se presente durant l'annee 2003. Tony Blair et Gordon Brown tergiversent sur l'adoption de l'Euro et sur l'opportunite d'un referendum sur le sujet, jusqu'a ce que l'intervention anglo-americaine en Irak ne jette un voile de nitif sur la question. L'action des Lib Dems consiste essentiellement  a faire pression sur le gouvernement Blair a n qu'il inscrive l'Euro dans l'agenda politique, qu'il xe un calendrier pour l'organisation d'un referendum. Au-dela de ce soutien a priori tres clair, le debat sur l'Euro montre tres nettement l'evolution des Lib Dems sur la question europeenne. Alors que Charles Kennedy arme sans aucune reserve son envie de voir la Grande-Bretagne adopter l'Euro, il accepte la procedure du referendum pour son adoption. Par principe, et avec des arguments tres classiques, les liberaux ont toujours ete hostiles a la pratique du referendum, au nom de la souverainete absolue du parlement. Le referendum a toujours ete percu comme une ingerence inacceptable de l'executif dans la sphere legislative. Deja lors du referendum de 1975, Jeremy Thorpe avait defendu cette posture de principe et condamne le referendum. Desormais, avec Charles Kennedy, la procedure du referendum est devenue incontournable pour toutes les questions europeennes, l'Euro mais aussi la constitution europeenne. Sur ce point precis, force est de constater que les Lib Dems ont accepte les arguments des conservateurs, menes par Iain Duncan Smith, sur la souverainete populaire. Deuxieme evolution, les Lib Dems acceptent le principe des 5 tests economiques proposes par Gordon Brown a n d'evaluer la possibilite pour la Grande-Bretagne d'integrer l'Euro. La methode est jugee positive et rationnelle. Les Lib Dems ont certes reuni leur propre groupe d'economistes qui arme qu'aux yeux de ces criteres, la Grande-Bretagne est pr^ete a l'adhesion mais se sont gardes de prendre part a la polemique qui sous-entendait que les criteres de Gordon Brown n'etaient qu'un arti ce a n de decreter l'impossibilite d'organiser un referendum tout en se menageant une porte de sortie honorable. De m^eme face a la constitution europeenne, les liberaux-democrates ont montre un visage pour le moins ambivalent. Ils se sont certes octroyes des places eminentes dans le debat et il sura ici d'evoquer Andrew Duff qui fut l'une des personnalites marquantes de la convention europeenne chargee de rediger le texte de la Constitution : Chef de le des liberaux au sein de la Convention, passe par Cambridge et l'universite de Bruxelles, c'est un peu Demosthene avant les galets, il est a ecte d'un irrepressible begaie 28 Andrew Russell et Edward Fieldhouse, Neither Left or Right : the Liberal Democrats and the electorate, Manchester, Manchester University Press, 2005, 272 p. 11 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) ment. Le prodige, c'est qu'il a tant d'intelligence, d'humour et d'esprit, qu'il est quand m^eme tres ecoute et apprecie de tous ses collegues.29 Il redige pour l'occasion un projet de constitution qui a « l'heur de plaire a Giscard, au moins partiellement, pour la simple raison que Duff propose l'election du president de la Commission par un congres reunissant les deputes europeens et un nombre egal de parlementaires nationaux » 30 En mars 2003, Lord MacLennan est charge de rediger un document presentant la position des Lib Dems sur la constitution, The Future of Europe. Ce texte doit ^etre presente lors de la conference annuelle du parti. Les debats lors de la redaction du texte portent essentiellement sur le terme « ever closer union » qui est nalement ecarte de la version nale. Le document concoit desormais la constitution comme un moyen de xer l'extension des pouvoirs de Bruxelles et non comme une simple etape vers leur extension. Une expression, nee au sein du parti conservateur, l'euro-realisme, commence a faire ores dans les rangs liberaux-democrates. Au nom de cet euro- realisme, l'Euro, le pacte de stabilite, la PAC, la Banque centrale europeenne font l'objet de critiques constructives. Charles Kennedy a pu declarer ainsi a propos de ce document : Giving a harder edge to our policy, which is what we are trying to do in this document, both on the institutions of Europe as well as in the currency itself, I think is entirely sensible because we are coming under more scrutiny as a political party [...]. We are not starry-eyed optimists about this kind of issue [...]. Our job as a pro-European party is to be a candid friend in such circumstances.31 La direction choisie est clairement l'euro-realisme32 . Le processus de rati cation de la constitution conna^t nalement un arr^et brutal avec les « non » francais et neerlandais. Le parti Lib Dems se doit alors de proposer un scenario de sortie de crise. Charles Kennedy e ectue cette demarche dans un article qu'il intitule « Europe needs a dose of realism ¯. 33. Ses propositions peuvent ^etre resumees en quelques points. En premier lieu, un rappel de principe a son attachement personnel a la constitution europeenne pour laquelle les Lib Dems ont toujours milite (« In my view the Constitution is not perfect but remains a laudable attempt at making the EU that bit more accountable, ecient and transparent ¯). Parallelement, Charles Kennedy fait un constat assassin : la constitution europeenne est morte (« We European nations are democracies. That is our driving strength. There is little likelihood of the people of France and the Netherland reversing their vote in further referendums. And without them this Treaty cannot be enacted ¯). On ne reanime pas un mort : « The rst dose of realism is this. In practical terms the EU constitution is dead, if not yet buried. The European Council should recognise that fact and the rati cation process should be suspended ¯. C. Kennedy propose donc comme premiere mesure la mise en place d'un moratoire qui bloquerait provisoirement tout le processus de rati cation du texte constitutionnel (« We need a period of stability much removed from the constant churn of treaty that we have lived through over the last decades ¯). La deuxieme dose de realisme consiste alors a mettre en place des reformes, immediatement applicables et ne necessitant pas la mise en uvre d'un nouveau texte constitutionnel (« If there are non-controversial reforms which help to achieve greater transparency and eciency, then they should be explored ¯). Parmi les mesures possibles m^eme avec l'echec de la constitution, la reforme de la Politique Agricole Commune (PAC) avant tout. Ensuite, poursuivre le processus  29 Alain Dauvergne, L'Europe en otage ? Histoire secrete de la Convention, Paris, Editions Saint-Simon, 2004, p. 58. On lira aussi avec pro t Alain Lamassoure, Histoire secrete de la Convention europeenne, Paris, Albin Michel, 2004, 525 p. 30 Alain Dauvergne, op. cit., p. 113. 31 « Kennedy hardens his stance on Euro ¯, The Times, 15 mars 2003. 32 « Lib Dems asked to cool their EU fervour ¯, The Times, 10 mars 2003. 33 C. Kennedy, « Europe needs a dose of realism ¯, The Independent, 15 juin 2005. 12 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) de liberalisation des echanges dans le domaine des services (si le nom de la directive Bolkenstein ne gure pas dans l'article, la reference est evidente). En n, deux reformes qui, pour des euro- peistes, pourraient appara^tre comme des reculs dans l'integration europeenne : le renforcement du principe de subsidiarite, en particulier en matiere sociale ; la defense du rabais britannique dans le budget europeen, negocie en son temps par M. Thatcher car « the Government is quite right to resist renegotiation of the British rebate, unless it goes hand with thorough reform of the Common Agricultural Policy ¯. La pratique referendaire est jugee plus que toujours necessaire pour le debat europeen (« Any change in the relationship between the Union, the member states and its citizens should only be approved in Britain through a referendum, so any reform undertaken during the moratorium should not involve the transfer of power to the EU from national Governments ¯). En somme, echelle europet de l'extension des pouvoirs de a l'eenne, Kennedy propose l'arr^ Bruxelles, tandis qu'au niveau national, la position du leader des Lib Dems di ere peu de la position ocielle du gouvernement de Tony Blair. La vision europeenne du New Labour est desormais tres pr^oche de celle des Liberaux-democrates. Du moins y a-t-il eu un rapprochement des positions. En 2005, les Lib Dems tiennent leur conference annuelle a Blackpool. Les debats sont houleux alors que Charles Kennedy est conteste en raison des rumeurs sur son alcoolisme. La direction du parti est mise a mal sur de nombreux sujets, la privatisation du Royal Mail, l'Europe, etc. Elle defend alors un projet de resolution sur le budget europeen qui lie son augmentation a une reforme de la PAC. La resolution est nalement rejetee par les congressistes. Au-dela de cet anti-evenement, sans grande consequence tant sur la vie politique britannique que sur celle des liberaux-democrates, les interpretations possibles sont multiples et temoignent d'une normalisation progressive des Lib Dems dans le paysage politique britannique. Le rejet de la resolution sur le budget europeen montre une ligne de fracture tres nette au sein du parti. Deux camps se dessinent avec d'un c^ote la direction du parti soutenue par les MPs siegeant a Westminster, de l'autre c^ote les MEPs de Strasbourg et les « councillors » representant la base locale et regionale du parti. Tres clairement le second camp est celui des perdants des reformes pronees par leur propre parti : les parlementaires europeens qui craignent que, sous couvert de critiques de la bureaucratie bruxelloise, de defense de la subsidiarite, on n'entrave la montee en puissance des pouvoirs du Parlement de Strasbourg. On retrouve aussi ceux qui, avec la reforme de la PAC et l'elargissement de l'Europe, craignent une baisse des subventions europeennes. Chris Davies a mene la fronde contre les tenants de l'euro-realisme tels que Nick Clegg et Vincent Cable. En decembre 2005, Chris Davies avec 12 MEPs condamnent publiquement tous les projets de reforme radicale de la PAC. Signe de cette normalisation, pour la premiere fois lors d'un congres des Lib Dems, l'Europe sert de moyen de contestation de l'autorite du leader. Outre le contexte de l'elargissement de l'Union europeenne, l'intervention britannique en Irak aux c^otes des USA explique en partie cette ligne de clivage. On a souligne que le discours pro-europeen s'inscrivait dans un cadre anti-americain, l'Europe-puissance ici defendue etant davantage concue comme un instrument d'independance vis-a-vis des USA et non comme un moyen de resister a la montee en puisssance des pays emergents, l'Inde, la Chine en t^ete. La conference de Blackpool est aussi la remise en cause du mythe de la relation speciale par les Lib Dems. 13 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) L'ere Ming, la normalisation des Lib Dems (mars 2006- ?) L'ere Ming semble d'ores et deja placee sous le signe d'un leadership faible et conteste, a moins que Menzies Campbell n'impose rapidement son autorite sur un parti qui doute sur son identite et son image publique. Les temps semblent donc propices a la structuration au sein  du parti d'un courant eurosceptique capable de contester la politique ocielle defendue par la direction. Nous regarderons ici quelques personnalites capables de constituer l'ossature de cette ten- dance eurosceptique. Nick Harvey34 a une place particuliere au sein des Lib Dems puisqu'il fut le seul MP liberal-de de Maastricht qu'il juge alors emocrate a voter, en 1992, contre le Trait « totally illeberal » 35. Cela lui donne une stature de precurseur et de porte-etendard de l'euroscepticisme au sein du parti Liberal Democrate. De 1992 a 2003, Nick Harvey a eu tendance a s'eloigner de l'euroscepticisme. Sa frilosite recente a probablement une motivation electoraliste puisque dans sa circonscription l'United kingdom Independence Party (UKIP) presente un candidat de premier plan, son leader, Roger Knapman36. Harvey s'est donc vu contraint de recentrer son discours sur l'Europe a n de ne pas se laisser deborder par les surencheres eurosceptiques et marquer sa di erence37 . En 1999, il soutient timidement l'Euro mais « even if recently diluted, his euroscepticism makes him unusual, to say the least, in the parliamentary party, although it might o er a hint to his local popularity » 38. Depuis 2003, de maniere croissante, Nick Harvey exprime une position tres critique a l'egard de l'Europe : contre l'Euro, contre la constitution. Il y a tout ensuite un ensemble de personnalites que l'on pourrait placer a la gauche du parti. Alistair Carmichael39 est l'un de ceux qui incarnent le discours anti-europeen au sein des Lib Dems. Son hostilite a l'Europe s'inscrit explicitement dans son positionnement a la gauche du  Lib Dems. Carmichael est l'une des gures in uentes du Beveridge group, un « Ginger group » qu'il a fonde en 2001 avec Paul Holmes, John Barrett et John Pugh a n de defendre une certaine vision du liberalisme, interventionniste, social, a l'image de celui pr^one par William Beveridge40 et accessoirement Keynes. On les appelle parfois Social Liberals. On peut caracteriser ce groupe d'eurosceptique en ce qu'il s'oppose au liberalisme economique pr^one par Bruxelles. Sur un plan interne, ils sont de fermes adversaires du Orange Book 41 , livre-programme de l'aile neo-liberale du parti. Au congres de 2005, les membres du Beveridge Group se sont clairement presentes comme un groupe uni, oppose la direction de Charles Kennedy en rejetant deux projets defendus par ce dernier : la privatisation de la Poste, le budget europeen. En janvier 2003, 3 MPs se prononcent publiquement contre la monnaie unique : aux c^otes de Nick Harvey et d'Alistair Carmichael, 34 Ne en 1961, il occupe le siege longtemps occupe par le leader liberal Jeremy Thorpe du North Devon depuis 1992, qui fut aussi le siege de Richard Acland, un federaliste europeen. 35 Cite dans Brack, D. et Ingham, R., Dictionary of Liberal quotations, Politicos, 1999, p. 80. 36 Neen1944 ede a Crediton dans le Devon, MP de Stroud conservateur a partir de 1987, il s'opposa au trait Maastricht. Il rejoint l'UKIP en 1997 alors qu'il vient de perdre son siege au pro t des travaillistes. En 2001 il est le candidat UKIP du North Devon et devient leur leader en 2002. En 2004 il devient MEP pour la region du South West England. Roger Knapman et Nick Harvey ont de toute evidence des histoires paralleles. 37 Il serait interessant d'etudier ces circonscritions, comme celle de North Devon, ou tous les partis en lice presentent des candidats eurosceptiques, sans laisser d'alternatives aux electeurs. Une esquisse d'etude de cette circonscrition se trouve dans Andrew Russell et Edward Fieldhouse, Neither Left or Right : the Liberal Democrats and the electorate, Manchester, Manchester University Press, 2005, p. 219{223. 38 Ibid., p. 222. 39 Ne en 1965, issu d'une famille d'agiculteurs, il est le MP liberal pour Orkney and Shetland a partir de 2001. Il succede a ce si ege a Jo Grimond puis Jim Wallace. Il occupe alors la fonction de Liberal Democrat Shadow Transport Secretary puis, en 2006, de Shadow Home Secretary. En janvier 2006, il fait partie des 25 MPs qui se demandent publiquement la demission de Charles Kennedy. 40 L'ironie de l'histoire voudra que William Beveridge fut un fed eraliste, membre a partir de 1939 de Federal union. Son nom devient aujourd'hui anti-europeiste. 41 David Laws et Paul Marshall, dir., The Orange Book : reclaiming Liberalism, 2004. 14 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) John Burnett42 constitue le trio. Egalement un des opposants a la constitution europeenne43, il declare : The European constitution goes a long way to jeopardizing that independence and our sovereignty. Those of us who do not support the European constitution are not jingoistic little Englanders. Most of us are genuinely in favour of Britain remaining wholehearted members of the European Union, but on the basis of the independence that I have outlined. It is wrong to assert that if we spurn the constitution Europe will either be in crisis or we will lose our in uence. We have not, thank goodness, joined the European single currency. We have not lost our in uence by remaining outside the euro. In fact, our in uence has probably increased. Clairement, John Burnett a fait le choix de s'aligner sur l'opinion majoritaire de ses electeurs : I do not believe that within the United Kingdom there is a pan-European demos. In other words, we elect members of our parliament to take national decisions, and in respect of vitally important national matters such as foreign a airs, defence, the economy, social security, and own resources, these must remain the province of our national parliament alone. On releve un certain nombre de traits communs entre ces trois personnalites. Nick Harvey, Carmichael et John Burnett sont elus dans des regions rurales et littorales, vivant de l'elevage ou de la p^eche. De plus, ils occupent des sieges occupes par d'anciens leaders liberaux qui assimilerent liberalisme et Europe. Un dernier groupe se dessine avec les euro-realistes, qui se confondent par ailleurs avec les partisans du liberalisme economique et du laissez-faire, les « economic Liberals ¯. Parmi les representants de ce groupe : Nick Clegg et Vincent Cable, deux contributeurs de l'Orange Book ou leurs contributions sur l'Europe portaient surtout sur des critiques de la PAC et de la bureaucratie de Bruxelles. * « Une frontiere de type nouveau ? Pratiques et representations de la frontiere communiste en Europe, de la Revolution d'Octobre aux annees 1950 » (compte ´ rendu par Emilia Robin Hivert et Jenny Ra ik) Les 18, 19 et 20 mai 2006 s'est tenue a Paris une rencontre scienti que organisee par Sabine ´ Dullin (Universite Paris 1{Pantheon Sorbonne) et Sophie Cure ( Ecole Normale Superieure), ` autour de l'etude de la frontiere communiste de la revolution d'Octobre aux annees 1950. A l'heure de l'elargissement de l'Union europeenne, ou nous constatons la superposition de la nouvelle frontiere orientale europeenne et de l'ancienne frontiere sovietique, il etait interessant de se pencher sur cette cartographie qui a durablement marque la geopolitique et les mentalites europeennes. Ce colloque s'inscrit dans un programme de recherche commun entre l'ENS et l'Universite Paris 1{Pantheon Sorbonne, avec le partenariat du Centre d'etudes du monde russe, caucasien et centre-europeen de la Maison des Sciences de l'Homme, de l'UMR Identites, re ´ lations internationales et civilisations de l'Europe, du ministere de l´ Education nationale, de l'enseignement superieur et de la recherche, de l'Institut d'Histoire moderne et contemporaine et de l'Institut universitaire de France. Le theme de la frontiere, comme l'a souligne Sabine Dullin dans son introduction, a longtemps ete le domaine reserve de la geographie ou des sciences politiques. Mais les travaux multidisciplinaires se sont multiplies au cours des dernieres annees, facilites dans le domaine historique par le renouvellement constant des sources. Il est devenu utile d'etudier, en confrontant les pratiques aux representations et en privilegiant les regards croises, l'histoire de cette frontiere qui a divise 42 Ne en 1945, juriste de formation tout en menant parallelement une activite d'eleveur sur ses terres, il est MP pour Torridge and West Devon. En avril 2006, il rejoint les Liberaux Democrates de la Chambre des Lords. 43 Newsletter de John Burnett, 22 fevrier 2005, « John Burnett MP votes against the European Union Bill ¯. 15 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) l'Europe, en mettant en presence un ensemble de travaux recents qui bene cient de l'ouverture de nouvelles archives et du renouvellement des problematiques au sein d'un espace de recherche desormais commun. L'etude de la construction puis du deplacement progressif de cette frontiere ´ au cur de l'Europe ouvre une re exion sur l'articulation entre frontiere d´ Etat (ou frontiere d'Empire), frontiere nationale et frontiere de regime, voire de civilisation. Il faut ainsi s'interroger sur l'existence d'un espace commun du socialisme, d'abord a l'interieur de l'URSS, puis etendu au bloc des « pays freres » : cet espace se caracterisait-il par l'e acement des frontieres internes, par opposition a une delimitation externe qui aurait fait systeme ? Il convient de confronter cette territorialisation du communisme (patrie du proletariat, bloc communiste) aux processus plus di us de formation d'enclaves communistes et de fronts ideologiques en Europe. Quels types de mobilisation se sont developpes face au « dehors » capitaliste ou occidental ? Les frontieres du communisme et de l'anticommunisme, les frontieres ideologiques et les frontieres concretes, concident-elles avec les cartes mentales de l'Europe des annees 1920 aux annees 1950 ? La frontiere peut se concevoir comme un avant-poste ou une limite etanche, mais aussi comme un lieu de contact, une passerelle. Elle peut ^etre le sympt^ome de failles internes mais aussi de la puissance d'attraction ou de repulsion du communisme. Elle est le lieu de pratiques administratives revelatrices de sa valeur. Pour etudier ces problematiques, les bornes chronologiques retenues sont celles de 1917 et de la n des annees 1950. 1917 est l'annee fondatrice, avec la naissance de l'URSS qui donne une incarnation spatiale eologie communiste. a l'id ` A la n des annees 1950, la frontiere communiste s'est stabilisee, et fait l'objet d'un contr^ole strict des deux blocs. Les sessions de travail ont mis en valeur l'existence de « temps » de la frontiere, et de thematiques propres a ce champ d'etude. Dans une premiere demi-journee, l'axe de recherche a tourne autour de la construction de cette frontiere apres la premiere guerre mondiale. Oleg Ken (Universite pedagogique d´ ´ Etat, Alexandre Herzen, Saint Petersbourg) a confronte les discours sur la frontiere socialiste du milieu des annees 1920 a la n des annees 1930 pour mettre en evidence l'existence d'une frontiere percue comme un front a long terme, entre communisme et capitalisme, d'ou la volonte de faire des regions frontalieres des regions modeles, vitrines de l'ideologie socialiste. Zoltan Krasznai (Universite ELTE de Budapest=EHESS) a demontre, par un expose richement illustre sur l'exemple de la Subcarpathie, l'interaction qui existe entre la politique externe de la Hongrie et le discours ideologique sur le territoire national. C'est ainsi que se traduit l'antagonisme du regime hongrois et du communisme pendant l'entre-deux-guerres, et que se justi e dans le discours politique la frontiere hongroise. Louis Clerc (Universite de Turku=IEP de Strasbourg), par l'etude des enjeux strategiques et identitaires de la frontiere russo- nlandaise, a mis en avant la coexistence autour de cette ligne fragile de deux systemes ideologiques et sociaux qui se pensent di eremment. Frontiere entre l'Est et l'Ouest, entre l'Europe et l'Asie, entre la « civilisation » et la « barbarie ¯, entre le protestantisme et l'orthodoxie, etc., cette frontiere met en contact deux systemes rivaux et hostiles, qui n'hesitent pas a en venir aux armes, et transforment le sol nlandais en zone de  con it pendant la guerre civile opposant les tenants de l'un et l'autre regime au sein m^eme de la communaute nationale. Pourtant, symbole de separation, la frontiere sovieto- nlandaise porte egalement en elle les espoirs de communication entre les deux espaces qu'elle separe. Julien Gueslin (UMR IRICE) a montre qu'a l'image de l'Estonie et de la Lettonie, nees de maniere inattendue des troubles de la premiere Guerre mondiale et de la Revolution russe, les frontieres sovieto-baltes n'ont semble d'abord ^etre que des lignes arti cielles et provisoires en attendant le retour eres id a l'ordre ancien. Frontieologiques, entre une grande puissance et ´ des petits Etats cherchant leurs stabilites, une des grandes reussites des deux Etats a ete de 16 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) faire accepter cette frontiere non seulement aux Sovietiques mais aussi a l'Occident en faisant la preuve de leur capacite a circonscrire toute intrusion sovietique et de la realite d'une ligne qui ne mutilait pas un pays, comme on l'avait d'abord cru, mais separait bien des nations et des civilisations di erentes. Floran Turcanu (Universite de Bucarest) a etudie avec les cas de la Bessarabie et de la Transnistrie la fragilite des frontieres roumaines nees des traites de paix de la premiere Guerre mondiale, et la coexistence de trois conceptions des limites territoriales de la Roumanie : une frontiere culturelle sur le Boug, une frontiere politique sur le Dniestr, et une frontiere ethnique et linguistique au-dela du Dniestr. La non-concordance de ces frontieres impose une adaptation des discours politiques et diplomatiques a la realite roumaine. Ces di erentes interventions ont illustre la construction dicile des frontieres nees des traites de paix de la premi ere Guerre mondiale, et l'adaptation des discours a des cartographies dicilement assimilables par les populations. L'antagonisme avec le communisme est dans ce contexte un ressort privilegie des discours nationalistes dans les zones de contact avec l'URSS, mais alimente aussi, du c^otetique, une attention toute particuli e soviere a la mise en valeur et au contr^ole de ces regions frontalieres. La seconde demi-journee de travail a ete consacree aux frontieres en expansion. Amir Weiner a montre comment la seconde Guerre mondiale est pour les deux totalitarismes nazi et so- vietique l'occasion d'appliquer « le triangle de la souverainete, des frontieres et de la race ¯. Pour les dirigeants sovietiques, la guerre autorise l'expansion du socialisme dans des territoires d'ou toute autorite etatique a disparu : dans un monde partage selon des lignes « geo-ideologiques ¯, ´ il n'y a pas de place pour les petits Etats. Apres la guerre, un long travail de refondation des systemes socio-politiques est entame pour consolider la domination sovietique. Katarzyna Stoklosa (Universite de Dresde) a confronte les evolutions de la frontiere polonosovietique apres la seconde guerre mondiale aux discours politiques tenus pour justi er cette ´ frontiere. La volonte de Staline de creer des Etats sans minorites nationales ou religieuses, a l'origine des traces de frontieres et des deplacements de populations, n'a pas facilite l'assimilation de cette frontiere par une population pourtant encadree par une propagande et une politique d'education attentive. Mikhail Narinskiy (MGIMO, Moscou) a montre la priorite des considerations geopolitiques dans les decisions sovietiques pendant la seconde guerre mondiale. Staline s'est prononce successivement pour le rattachement de nouveaux territoires  a l'URSS, puis pour la formation d'une sphere d'in uence sur tout le perimetre frontalier de l'URSS en Europe. La direction sovietique est ainsi parvenue, en 1944{1945, a restaurer les frontieres de juin 1941, avec quelques territoires supplementaires : la region de Petsamo, Konigsberg et sa region, l'Ukraine transcarpathique. Seuls echecs dans les visees de Staline, la zone des Detroits, en Mediterranee, le Proche et le Moyen-Orient. Les visees sovietiques sur ces regions et les traces des frontieres communistes en expansion dans les annees 1940 sont une des causes de l'accroissement de la tension internationale et du declenchement de la guerre froide. Le communisme n'est plus cantonne dans un espace retranche, mais semble menacer les espaces voisins. C'est cette evolution qui explique l'emergence de la frontiere dans le vocabulaire de l'anti-communisme, comme l'a etudie, lors de la troisieme demi-journee de travail, Sophie ´ Coeure ( Ecole normale superieure). Partant de la constatation que le communisme est, jusqu'au milieu des annees 1930, souvent connu en France d'abord, voire uniquement, par le discours politique anticommuniste, elle analyse la dynamique de la structuration de l'anticommunisme par rapport a la connaissance des politiques du Komintern et de la diplomatie sovietique, et la 17 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) mise en pratique de ces discours dans la politique exterieure de la France. Elle montre ainsi que l'univers mental des dirigeants francais, dans l'entre-deux-guerres, reste xe sur la « frontiere ligne » avec l'Allemagne. Quant au repertoire de l'anticommunisme du double front interieur et exterieur, s'il se nourrit de la peur et de la haine, il n'en a pas moins percu les nouveautes de la politique d'expansion sovietique. Sylvain Boulouque (Universite de Reims) a etudie ces nouveautes, en montrant que le systeme de la frontiere sovietique en Europe occidentale se fondait sur la juxtaposition de « cercles concentriques » (organisations de masse, syndicats ?), de « couronnes exterieures » (zones d'in uence) et d'« enclaves rouges » (mairies, circonscriptions electorales ?). Dans ces cadres, la frontiere de classe devient pour les militants une frontiere reelle, avec ses rites de passage, sa protection. Dans ce combat ideologique autour des frontieres en expansion, la Pologne a joue un r^ole fondamental. Joseph Laptos (Universite de Cracovie) a etudie la transformation de la Pologne, apres la seconde guerre mondiale, en un bastion defensif anti-occidental. Les liens anciens de ce pays avec l'Europe de l'Ouest ont nourri la rancune du peuple polonais contre les Occidentaux qui les avaient abandonnes en 1945. La lutte contre l'Occident s'est developpee en Pologne tant sur le front interieur (lutte contre la culture occidentale) que sur le front exterieur (glacis securitaire du bloc sovietique). Dans le cadre de la formation des blocs, la frontiere Est-Ouest s'est dessinee en fonction de preoccupations strategiques paralleles. Les discours des dirigeants occidentaux, presentes par Jenny Ra ik (Universite Paris 1{Pantheon Sorbonne) se sont e orces de justi er par l'instrumentalisation et la mise en scene du theme de la communaute atlantique, des frontieres occidentales repondant davantage a des preoccupations militaires qu'ideologiques. La composition de l'OTAN et ses elargissements successifs en Mediterranee (1952) et en RFA (1954) a fait l'objet de vives discussions a l'interieur du bloc occidental, pour repondre aux besoins de la defense de l'Europe. L'expose de Natalia Yegorova (Institut d'histoire universelle, Academie des Sciences, Moscou) a favorise la comprehension de la frontiere Est-Ouest en analysant le regard et les preoccupations sovietiques. Avec la mise en place du Pacte de Varsovie, la division de l'Europe en deux alliances militaires opposees est accomplie. Les facteurs strategiques sont essentiels pour la comprehension de cette institutionnalisation de la division Est-Ouest entre OTAN et Pacte de Varsovie. Ce dernier, en assurant la defense du bloc oriental, incarne la frontiere de ce bloc, et devient l'enjeu des propagandes, et des tentatives de penetration ideologique de part et d'autre. Dans l'ensemble de ces communications, l'accent a ete mis sur les aspects psychologiques et ideologiques incarnes par la frontiere Est-Ouest. Cette frontiere est avant tout la limite entre communisme et anticommunisme, et par cet aspect ne recouvre pas toujours precisement la ligne engeographique, mais petre a l'interieur des deux blocs dans des zones d'in uences culturelles ou politiques plus ou moins uctuantes. L'inter^et porte a la propagande de part et d'autre du Rideau de fer prouve que ce fut une dimension essentielle de la Guerre froide. La frontiere communiste a ete traversee de ux tant dans sa limite exterieure que dans ses frontieres internes, et le contr^ole de cet espace a ete une preoccupation constante des autorites politiques. L'etude de ces aspects a fait l'objet de la quatrieme demi-journee de ce colloque. Andrey Shlyakhter (University of Chicago) a etudie la contrebande sur la frontiere sovietique et la lutte du regime contre ce phenomene entre 1917 et 1939, en se focalisant sur l'exemple de la frontiere polono-sovietique. Un des changements fondamentaux introduit par le regime bolche ´ vik a ete la mise en place du monopole d´ Etat sur le commerce exterieur. Andrey Shlyakhter a dresse un tableau a la fois economique, social, politique et culturel de l'histoire du commerce de contrebande en URSS pendant cette periode, et mis en exergue l'importance de cette economie non ocielle, source de contacts transfrontaliers pour les populations locales. En cela, la contrebande peut ^etre comprise comme une pratique de resistance au regime qui explique la reaction de celui-ci, dans un re exe defensif. 18 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) Le regime sovietique a ainsi fait de la fonction de garde-frontiere une gure heroque du regime. Sabine Dullin (Universite Paris 1{Pantheon Sorbonne=Institut universitaire de France) s'est attachee a l'etude de cette gure, pour monter la tendance du regime sovietique a developper un protectionnisme de nature politique qui confere a la garde de la frontiere plus qu'a la frontiere elle m^eme le premier r^ole. C'est ainsi la garde de la frontiere qui dessine les limites de l'URSS, bien plus que la cartographie. Le garde-frontiere incarne donc l'image positivee d'un pays replie sur lui-m^eme, qui se protege des menees subversives de l'etranger. Olga Ilyukha a pousse l'etude de la gure du garde-frontiere en analysant la glori cation de ce personnage dans la litterature, le cinema, et tous les vecteurs de l'imagination populaire. Pour la plupart des Sovietiques, eloignes des regions frontalieres, la frontiere n'est pas connue en tant que telle, mais par le biais de cette gure heroque de la Mere-patrie. Cette glori cation aide a l'enr^olement des enfants dans le corps des gardes-frontieres. Le regime n'a pourtant pas voulu faire de la frontiere un espace totalement infranchissable et il a organise et encadre le passage de ces frontieres. Catherine Goussef (CNRS=EHESS) a etudie les deplacements de population, a travers deux exemples precis : le rapatriement des prisonniers de guerre, instrumentalises dans la politique Est-Ouest et les transferts massifs de population qui visaient a l'uniformisation ethnique des zones politiques. En revanche, hors ces passages contr^oles, la frontiere sovietique est devenue hermetique. En s'appuyant constamment sur des documents d'archives (archives du Parti, archives des services secrets, etc.), Nikita Petrov (Memorial, Moscou) a montre comment la frontiere euro- peenne entre les blocs etait etroitement surveillee par l'URSS, par l'intermediaire de conseillers du MGB. La frontiere allemande est un point particulierement sensible de ce dispositif : Staline insiste, notamment en avril 1952, pour qu'elle soit gardee en premiere ligne par des Allemands de l'Est, en deuxieme ligne par l'Armee rouge. Il faut egalement consolider la propagande unitaire, « arme dans les mains » des dirigeants de la RDA. Les mesures de surveillance renforcee n'emp^echent cependant pas l'exode vers la RFA de continuer. L'idee d'un monde partage en deux blocs, en deux camps, a donc ete inculquee par la propagande et l'education sovietiques, propagande dans laquelle la gure du garde-frontiere a joue un r^ole symbolique. ´ En n, Taline Ter-Minassian (Universite de Saint-Etienne) a presente une etude geopolitique de la frontiere avec l'exemple de la Transcaucasie. Cette region est riche d'enseignements dans la mesure ou elle presente plusieurs « types » de frontieres sur un m^eme espace. On y rencontre des frontieres internationales (entre l'URSS, la Turquie et l'Iran), des frontieres internes entre les trois Republiques federees de la region, et des zones enclavees. C'est egalement une frontiere de civilisation entre le monde sovietique et le monde perse. ` A l'issue de la premiere journee de travail, Sabine Dullin (Universite Paris 1{Pantheon Sorbonne=Institut universitaire de France) et Christophe Bartolome (Lycee francais de Moscou) ont presente un diaporama d'aches, photographies et extraits de lms sur le theme de la frontiere. Ils ont ainsi illustre la propagande sovietique sur la garde de la frontiere et demontre par l'image la vision archaque qui domine en URSS d'un territoire encercle par le danger capitaliste. Ce colloque s'est conclu par une table ronde, animee par Robert Frank (Universite Paris 1{Pantheon Sorbonne, UMR IRICE), Amir Weiner (Stanford University) et Joseph Laptos (universite de Cracovie) sur les changements induits au cours de l'annee 1956. Dans le contexte international du « degel ¯, alors que les aspirations nationales semblent se r eveiller a l'Est, en Pologne et en Hongrie notamment, les evenements de Budapest et l'application du Traite de Varsovie stabilisent la frontiere et gelent les espoirs. 1956 est une annee d'esperance et de re exion, porteuse de paradoxe, mais dont les consequences furent incalculables au sein du bloc oriental. 19 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) Dans les conclusions de ce colloque, Amir Weiner a souligne la richesse des debats et de l'approche choisie par les organisateurs. Ce colloque a mis en presence des historiens venus de pays divers, a confronte les points de vue, les methodes de travail, et a favorise le renouvellement de l'etude de ce theme, et l'appropriation de la frontiere comme champ d'etude historique. ARCHIVES * Fonds David Owen, une source pour l'histoire de l'euroscepticisme (Universite de Liverpool, Grande-Bretagne) Christophe Le Dreau David Owen, gure majeure de l'histoire politique britannique des annees 1980, a eu un itineraire pour le moins tortueux. Issu de l'aile droite du Labour Party, il fait partie de la « Gang of Four ¯, cette « bande des quatre » qui prefere abandonner le Parti Travailliste en 1981 alors que celui-ci apere un virage a gauche, privilegiant nationalisations et rejet de l'Europe. Avec Roy Jenkins, il fonde le Social Democratic Pary (SDP) dont l'ambition fut un temps d'^etre le troisieme grand parti sur l'echiquier politique britannique. David Owen dirige le SDP de 1983 ` A cette date, a 1987. Il refuse la fusion de sa formation politique avec la Liberal Party en 1988. il amorce un long voyage vers le thatcherisme. L'europeen de la premiere heure devient alors de plus en plus europsceptique : il est l'un des dirigeants de deux des principales associations eurosceptiques britanniques : New Europe et Business for Sterling. Il est aujourd'hui hostile a l'Euro, a la constitution europeenne. Les archives David Owen, encore vierges, ont ete deposees a l'Universite de Liverpool (un descriptif de ces archives se trouve sur le site de l'universite de Liverpool : http://sca.lib.liv. ac.uk/collections/Owen/). Outre l'approche biographique de ce personnage a part, plusieurs problematiques pourraient fournir de la matiere pour des travaux de recherche a venir : 1. Contribuer a une de nition de l'euroscepticisme (on a ici le cas d'ecole d'un sujet qui passe sans veritable rupture de l'europhilie a l'euroscepticisme ; qui se declare aujourd'hui hostile a l'Europe) ; a l'euro mais pas  2. Fournir une etude historique des associations eurosceptiques fondees depuis l'entree de la Grande-Bretagne dans la CEE ; 3. Constituer un chapitre d'une etude plus vaste sur les idees europeennes du Gang of Four (Roy Jenkins, David Owen), parfois considere, a tort ou a raison, comme un precurseur du New Labour de Tony Blair. Propositions de sujets de memoires de maitrise, DEA, autres, qui pourraient s'appuyer sur les archives David Owen : - David Owen, de l'Europe a l'euroscepticisme - Les idees europeennes du Gang of Four - Le combat contre l'Euro en Grande-Bretagne depuis 1992 - Business for Sterling, histoire d'une association eurosceptique Contact : 20 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) Dr Maureen Watry Head of Special Collections & Archives Sydney Jones Library The University of Liverpool PO Box 123 Liverpool L69 3DA Tel : (0151) 794 2696 Fax : (0151) 794 2681 E-mail : mwatry@liv.ac.uk WORK IN PROGRESS * Porter l'idee europeenne au-dela des frontieres. Activisme paneuropeen en Suisse dans les annees 1930 » (Thomas Bre Libre de Berlin) uckner, Universit Il s'agit d'un sujet de memoire pour le Master e libre de Berlin (Freie Universit a l'universitat Berlin) encadre par la professeur Gisela Bock et le ma^tre de conference Dr. Ina-Ulrike Paul. Date previsible de remise : octobre 2006. « Als Schweizer, die wir Eidgenossen des Herzens sind und das Uberpatriotentum der Zunge ¨ verachten, haben wir ossische uber uns die eidgen Idee, in unserem Vaterlande, zugleich Symbol f ur Europa und die Menschheit. » (Bauer, Hans, Wahneuropa oder Paneuropa, Basel 1933, p. 45) En 1933 Hans Bauer ne pouvait guere douter que l'« Union Europeenne » qui serait fondee par lui un an plus tard participe a la creation du Conseil Europeen dans l'apres-guerre. Pour le jeune economiste et journaliste, « l'Europe » des annees 1930 semble ^etre un continent sensible ´ aux crises, qui ne pouvait ^etre sauve que par un federalisme des Etats. Il partageait cette opinion avec quelques centaines d'autres militants qui se sont rassembles dans les associations « Jeune Europe » et « Europa-Union » au cours des annees 1930. Des recoupements personnels entre ces associations, des manifestions internationales, des publications frequents mais surtout une conscience forte pour « l'Europe » suggere la question : Quelle idee etait portee par qui ? En considerant les porteurs d'une telle idee pas comme des membres d'une association au premier lieu mais comme des acteurs sociaux, en qu^ete de soutien et en se mettant en reseau, la question se pose a nouveau : quels reseaux sociaux etaient etablis par les militants, par consequent quels espaces mentaux et sociaux ont ete crees, et quelles etaient les limites de ces espaces ? Depuis la n des annees 1990, les recherches historiques ayant comme point de depart de leur problematique le theme de « Europa » sont en nombre croissant. Il en resulte un certain ou de la notion de « Europa » au niveau du contenu ce qui exige de la part de l'historien de situer plus precisement cette notion dans le contexte historique speci que. Dans la periode de l'entredeux-guerres, ce sont bien souvent des motivations de nature paci que, anti-bolchevique, anti- americaine, voire nationaliste qui sont a l'origine de l'engagement d'individus et d'associations  pour une Europe unie. Pendant les annees 1920 l'activisme pro-europeen etait peu organise en Suisse. En revanche, avec « Jung Europa » et « Europa-Union » sont nees deux associations 21 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) dans les annees 1930, se de nissant comme des mouvements de masse, aux activites multiples a l'echelle europeenne qui ont cree tres rapidement des liales dans les pays voisins. Jung Europa s'est constituee aGeneve au moment du memorandum de Briand et se fond en partie dans l'association « Europa-Union » en 1934, tandis que cette dernie fondee en 1934 ale erea etaB^ en opposition el« Paneuropa » du comte Richard Coudenhove-Kalergi et a la cebre association existe encore de nos jours. L'histoire de ces mouvements a fait jusqu'a present l'objet d'analyse d'historiens suisses surtout en ce qui concerne leur organisation et leur idees, tandis que leur perception par des historiens d'autres pays n'a ete que tres marginale et n'a que tres peu en commun avec le traitement methodologique de la « Europe par Wolfgang Schmale. aistik » propos La question de ce travail est donc de savoir quelle est la marge de manuvre de l'activite de ces defenseurs de l'Europe issues de ces associations. Il sera suppose que leurs agissements ne sont pas sans ambigute ce qui se manifeste deja dans le mot « activiste pro-europeen suisse ¯. Car ´ bien que les activistes songeaient a une association supranationale d´ Etats, ils restaient organises dans les annees 1930 formellement au niveau national. Leur objectif etait d'atteindre le plus de gens possible, mais ces associations restaient toujours limitees a quelques milliers de membres.  De plus, quoiqu'ils s'engageaient pour l'abolition de frontieres economiques et politiques, le terme d'Europe leur servait bien souvent comme moyen a la recherche d'une identite nationale. L'analyse va proceder en trois temps : dans un premier temps sera traite l'activisme proeuropeen en tant que phenomene dans la societe civile occupant un espace public en opposition et ´ en m^eme temps en dependance de l´ Etat, de l'economie et du domaine prive. La notion de societe civile sera moins utilise comme un objectif normatif, mais plus comme un outil analytique. Il sera a demontrer ici comment etait la relation de ces associations avec le « Bundesrat ¯, comment ils ont essaye d'exercer une in uence certaine sur les evenements politiques en Suisse et comment ils ont reagi a la situation politique dans l'Europe des annees 1930. Dans une deuxieme partie, j'essaierai de saisir les di erentes dimensions de ce phenomene social par la notion de reseau et j'examinerai l'interconnexion des activistes entre-eux. Par un procede d'analyse des reseaux et des objectifs seront reveles les reseaux entre les membres, les reseaux d'activites et d'information. Ces trois dimensions - completees par des fragments biographiques de deux activistes majeurs - nous meneront a la troisieme partie de l'analyse, qui essaiera de repondre a la question quelles sont les limites du reseau. L'expansion du reseau social qui est a la recherche de soutien sous forme de « capital social » se heurte a des obstacles qui sont nes avant tout d'une mentalite nationaliste provenant d'un sentiment de menace ce qui suscite la question de la relation entre les conceptions de l'etranger et du connu : plus la deuxieme guerre mondiale approchait, plus les idees que se faisaient les activistes suisses de l'Europe n'etaient rien d'autre qu'un moyen de prendre ses distances par rapport a une image  de l'Europe egative. Ces id a connotation nees servaient ainsi comme tentatives d'exprimer une identite nationale. Des elements d'une « exception suisse » apparaissent de maniere agrante dans le domaine de l'activisme pro-europeen a l'epoque ou naissait une « defense spirituelle ¯. Mis a part les deux ressources principales qui sont les journaux associatifs de « Jung Europa » et de « Europa-Union ¯, le travail se sert d'une documentation assez exhaustive sur « Europa- Union » dans l'archive fedeconomie a B^ eral suisse a Berne et dans l'archive suisse de l'ale qui est composee de protocoles de reunion, de repertoires d'adherents, de rapports d'activite et de materiel de propagande sur la « Europa-Union ¯. Cette documentation est completee par les heritages de deux leaders des activistes pro-europeens (l'heritage Gasser qui n'a pas encore ete passe en revue et l'heritage Heinrich Georg Ritzel qui se trouve dans les archives de la fondation Friedrich Ebert). Thomas Br uckner (thomas.brueckner@gmail.com) 22 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) * « Ordres nouveaux » ? Geopolitiques de l'europeisme et espace republicain en France, 1919{1974 (Carol Bergami, doctorant en co-tutelle aux universites Albert- Ludwig de Freiburg et Paris 1{Pantheon Sorbonne) Sur la moyenne duree des annees 1920 jusqu'aux annees 1970, la these a pour objectif d'analyser les representations geopolitiques « supranationales » et « infranationales » de l'europeisme francais, depuis leur naissance dans le giron de l'internationalisme pluraliste et technicien des militants pour la SDN de l'entre-deux-guerres jusqu'a leur integration dans un systeme europeen multidimensionel vers le milieu des annees 1970. L'interrogation principale porte sur les rapports que ces representations entretiennent avec un modele rcais unitaire et souverainiste, con epublicain francu a la fois comme un espace de representation nationale et comme un espace d'implementation politique, ou le parlement est a la fois le lieu unique de la representation du citoyen et le centre des decisions politiques. De e par les notions nouvelles de representation organique de la societe civile (un federalisme pluraliste) et d'ecacite rationalisee de l'action gouvernementale (un planisme technicien) developpees par les « nouvelles releves » politiques de l'entre-deux-guerres dans le contexte de la rEtat eforme de l´ ´ et de l'organisation internationale, cet espace republicain se trouve des les annees 1920 confronte eopolitiques « europegion) qui a des geennes » alternatives (le « grand espace » continental, la r seront reprises par leurs heritiers parmi les militants et les techniciens de l'Europe d'apres 1945. En faisant le lien entre l'avant et l'apres Deuxieme Guerre Mondiale, la these dresse un arc qui retrace l'eloignement progressif d'une grande partie de cette « geopolitique » europeiste du cadre republicain entre 1919 et 1942, puis sa progressive reintegration dans le cadre d'une « restauration republicaine » eisme francais avec la de 1942 a 1974. La conciliation de l'europ Republique qui en resulte rend possible l'integration des representations spatiales « europeennes » dans le cadre de l'espace republicain et est une des sources pour le developpement de l'europeisme multidimensionnel des annees 1980. En m^a l'origine du retour de l´ ´ eme temps il est aussi Etat sur la scene de l'organisation des relations internationales en Europe et d'un retrait de l'europeisme dans ce qui tend a devenir une pure activite de coordination economique. Du point de vue methodologique, l'etude tente d'allier une histoire intellectuelle telle qu'elle a ete entreprise pour les mouvements de renouvellement politique de l'entre-deux guerres44 a l'analyse du militantisme pro-SDN de l'entre-deux-guerres et du militantisme europeen d'apres guerre45 .  L'ample corpus de textes qui se trouve a la base de cette etude rassemble ainsi des publications aux origines tres diverses. Pour l'entre-deux-guerres elle rapproche par exemple les revues ou s'articule la mouvance pro-SDN (L'Europe Nouvelle, L'Esprit international, Le Monde Nouveau, etc.) des revues des « jeunes generations » des annees 1920 et 1930 (La Revue des Vivants, Plans, Ordre Nouveau ou Esprit, mais aussi Le Redressement francais, les Nouveaux Cahiers, etc.). Pour l'apres-guerre l'etude porte sur un corpus qui reunit entre autres les organes du federalisme francais (La Federation et les publications qui gravitent autour de sa maison d'edition, Le Portulan, par exemple), certains foyers ou se retrouvent les heritiers des « jeunes releves » de l'entre-deux-guerres (telles que les editions Medicis ou les editions de La Table Ronde), et en n certaines publications emanant de l'europeisme plus ociel (autour du Mouvement Europeen par exemple). Si la rupture de la Seconde Guerre Mondiale est importante, toute la mouvance internationaliste et reformatrice qui s'articule dans ces textes se structure en partie autour des m^emes hommes (avec, en premiere ligne, les hommes de l'Ordre Nouveau, Alexandre Marc et Denis de 44 Du fameux livre de Jean-Louis Loubet del Bayle, Les non-conformistes des annees trente (Paris, 1969) a celui d'Olivier Dard, Les rendez-vous manques des nouvelles releves de l'entre-deux-guerres (Paris, 2002) 45 ` A ce propos, voir la these recente de Jean-Michel Guieu sur Les ap^otres francais de l'esprit de Geneve. Les militants pour la Societe des Nations dans la premiere moitie du XXe siecle, soutenue en decembre 2004, ainsi que les travaux classiques de Sergio Pistone et de Walter Lipgens sur le militantisme europeen. 23 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) Rougemont surtout, mais aussi d'anciens briandistes comme Bertrand de Jouvenel) autour de certains « passeurs » entre les generations (Andre Voisin a La Federation, Claude Marcel Hytte a La Republique Moderne, par exemple) ou encore a travers certains relais institutionnels (comme le « commissariat au Plan ¯, pour citer un exemple de la mouvance technicienne). L'ambition est surtout de renouveler la comprehension d'un militantisme europeen, en inse rant celui-ci dans le contexte d'une culture politique nationale speci que, mais aussi dans l'his toire plus longue du vingtieme siecle. Une « histoire longue » de l'europeisme permettrait ainsi de mieux comprende ce qui, a premiere vue peut appara^tre comme une explosion inattendue et surprenante de l'europeisme apres 1945. D'autre part l'insertion de la culture politique qui porte l'europeisme francais dans un contexte intellectuel plus large permet de mieux rendre compte des poids qui pesent sur ce federalisme europeen d'apres-guerre et des apories dans lesquelles il evolue. L'auteur Carol Bergami est domicilie aSoleuvre, au Luxembourg. Il a mene des etudes d'histoire et de philologie allemande en Allemagne (Albert-Ludwigs-Universit at Freiburg), et en France (Universite Paris 1). Ses specialites sont l'histoire urbaine, les relations internationales, l'histoire de l'integration europeenne, la question des identites et de la memoire. Depuis novembre 2000 il poursuit un Doctorat en co-tutelle aux universites Albert-Ludwig de Freiburg (Prof. E. Pelzer) et Paris 1{Pantheon-Sorbonne (Prof. R. Frank). Titulaire d'une bourse formation recherche du gouvernement luxembourgeois de 2001 e tuteur a a 2004 il a et la chaire d'histoire moderne a Mannheim en 2001{2002 (Prof. Pelzer). Depuis septembre 2005 il est charge d'enseignement en histoire au Lycee Michel Rodange a Luxembourg. Publications [1] 31 mars{6 decembre 2003 : « Metropolizing National Views on International Space ? Europe in Luxembourg-City 1950{2000 ¯=« Une histoire glocale ? Identite ethnicite et multiculture entre ville, nation et communaute internationale ¯. esent« Metropolis and Pre a la session Nationalism » de la conference « Power Knowledge and Society in the city » ` a Edimburg et publie sur le site Web de la conference : http://www.esh.ed.ac.uk/urban_history/. [2] 14 juin 2005 : « De la contestation de la Reisme epublique a l'engagement pour un europ democratisateur : Les federalistes francais entre les nouvelles releves de l'entre-deux-guerres, La Federation et le Conseil des Communes d'Europe » (communication au colloque « Cultures politiques, opinions publiques et integration europeenne ¯, publication des actes en cours). * Theses soutenues en 2005{2006 Nous recapitulons ici les theses dont la soutenance a ete annoncee sur la liste de di usion Richie. 1. 14 octobre 2005 : Federico Bordonaro : « La problematique d'une politique europeenne de securite et de defense depuis 1990 » (Universite Paris Sorbonne{Paris IV). Jury : M. Soutou, Paris IV ; M. Klein, Paris 1 ; M. Bussiere, ParisIV ; M. Zorgbibe, Paris IV. 2. 14 octobre 2005] Alexandra Scarella : « Contribution du PPE-DE au rapprochement des conceptions de defense de l'Union europeenne » (Institut europeen de l'Universite de Geneve). Directeur : Rene Schwok, jure : Prof. Nicolas Levrat. 24 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) 3. 25 octobre 2005 : Nathalie Martens : « Les relations exterieures de l'UE envers ses voisins : comparaison du bilateralisme suisse et de la nouvelle politique europeenne de voisinage » (Institut europeen de l'Universite de Geneve). Directeur : Rene Schwok, jure : Prof. Jer^ome Koechlin. 4. 1er decembre 2005 - Miguel Karm : « L'Europe a l'economie du politique. Les contributions des renovateurs du liberalisme aux paradigmes de gouvernance economique de l'Europe : doctrines et implications politiques (1938{1958). Institutionnalisation, intervention restauratrice et regulation du marche, planning liberal, federation et communaute des nations » (Paris II{Pantheon Assas). Jury : Jacques Chevallier, Gil Delannoi, Marcel Gauchet, Philippe Raynaud. 5. 2 decembre 2005 - Daniel M« European Political ockli (Center for Security Studies) : Cooperation : The EC's Struggle Towards a Common Foreign Policy, 1969{1974 » (Zurich University, Switzerland). Supervisors : Prof. Dr. Kurt R. Spillmann, Zurich University, Prof. Dr. Andreas Wenger, ETH Zurich. 6. 5 decembre 2005 - Olivier Rozenberg : « Le parlement francais et l'Union europeenne (1993{2005) : l'Europe saisie par les r^oles parlementaires » (IEP PAris ; CEVIPOF). Jury : Marc Abeles, Richard Balme (directeur de recherche), Philippe Braud, Florence Haegel, Eric Kerrouche, Paul Magnette. 7. 8 decembre 2005 - Maria Dorota Dakowska : « Les fondations politiques allemandes dans la politique ere : de la gen etrangese institutionnelle a leur engagement dans le processus d'elargissement de l'Union europeenne » (IEP Paris ; CERI). Jury : Dominique Colas, Guillaume Devin, Patrick Hassenteufel, Marcin Kula, Pascale Laborier, Georges Mink (directeur de recherche). 8. 3 fevrier 2006 - Anwen Elias : « Europeanising the Nation : Minority nationalist party responses to European integration in Wales, Galicia and Corsica » (Institut Europeen de Florence). Supervisor : Prof. Michael Keating (EUI) ; Examining board : Prof. Donatella Della Porta (EUI), Prof. Lieven De Winter (University of Louvain la Neuve), Prof. Ramon Maiz (University of Santiago de Compostela). 9. 17 fevrier 2006 - Gaelle Rony : « L'Europe a l'epreuve de la Turquie. Identites europeennes et identi cations dans le discours des journalistes » (Universite de Louvain, Belgique). 10. 7 mars 2006 - Laurence Tardivel : « Le statut juridique du Corps europeen. Des dicultes d'une identite europeenne de la securite et de la defense » (Universite Paris III-Sorbonne Nouvelle). Jury : J.-P. Wirth, J.-M. Blanquer, E. Desmond, J. Robert, J.-P. Pancracio. 11. 9 mars 2006 - Stanimirra Slavova : « La politique sociale de l'Union europeenne : compe tences, acteurs, de s » (Institut europeen de l'Universite de Geneve). Directeur : Prof. Pierre-Yves Greber, juree : Mme Caroline Fillietaz-Curtet. 12. 28 mars 2006 - Delphine Neyaga : « Du r^ole de l'Europe dans le con it rwandais de 1994. Le cas de la France » (Institut europeen de l'Universite de Geneve). Directeur : M. Rene Schwok ; jure : M. Stephane P ster. 13. 3 avril 2006 - Simone Paoli : « Tra la ricerca di un'identita e la costruzione di un mercato : l'utopia di uno spazio educativo comune nel processo di integrazione europea (1961{1992) » (Universite de Florence). Jury : Antonio Varsori (directeur de recherche, universite de Padoue), M. Petricioli (Universite de Florence), Luciano Monzali (Universite de Bari). 25 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) 14. 3 avril 2006 - Angela Romano : « La Conferenza sulla Sicurezza e la Cooperazione in Europa : da proposta sovietica a s da occidentale. Cooperazione Politica Europea, consultazione atlantica e distensione (1969{1975) » (Universite de Florence) Jury : Antonio Varsori (directeur de recherche, universite de Padoue), M. Petricioli (Universite de Florence), Luciano Monzali (Universite de Bari). 15. 3 avril 2006 - Davide Zampoli : « I Primi passi della Cooperazione politica europea (1969- 1975) » (universite de Florence). Jury : Antonio Varsori (directeur de recherche ; universite de Padoue), M. Petricioli (Uni versite de Florence), Luciano Monzali (Universite de Bari). 16. 20 avril 2006 - Florence Pier Paolo Settembri : « La nouvelle representation agricole : europeanisee ou neutralisee ? » (Universite de Florence). Jury : Renaud Dehousse (directeur de recherche), Carlo Guarnieri, Leonardo Morlino (di recteur de recherche), Simona Piattoni, Sabine Saurugger, Yves Surel. 17. 2 mai 2006 - Aldonza Maria Ruvalcaba-Garcia : « How Television failed to integrate Eu rope » (Institut europeen de l'Universite de Geneve). Directeur : M. Jean Chalaby, jure : Prof. Antoine Maurice. 18. 30 juin 2006 - Fulbert Billaudot : « L'impact des restructurations de l'industrie aeronautique militaire sur l'evolution de la Politique etrangere et de defense europeenne de 1992 a 2000 ¯. Jury : MM. Soutou (Paris IV), Facon, Griset (Paris IV), Varaschin (Arras). ´ ACTUALIT E DES COLLOQUES 1{8 juillet 2006, Montpellier (France) Universite europeenne d'ete de l'Universite de Montpellier sur le theme « Action humani taire, solidarite et cooperation internationales : quels r^oles pour les ONG, les institutions ´ internationales, les Etats, l'Union Europeenne ? ¯. Inscription avant le 2 juin 2006. Programme et formulaire d'inscription : http://www.poluniv-mpl.fr/UEE2006/presentation.htm. 17{21 July 2006, Sevilla (Spain) Symposium HIST71 : "Between Europe and America : agents, channels and contacts" (16th to 20th centuries), of the 52nd International Congress of Americanists. Information : http://www.52ica.com/index.html July 27-30, 2006, Berlin (Germany) "Black European Studies in Transnational Perspective": 2nd International Interdisciplinary BEST Conference (Center for Black European Studies). August 21-25, 2006, Helsinki (Finland) XIV International Economic History Congress : "The question of the rst EEC/EC enlargement and the other European countries´ response, 1961-1973". 26 Richie Europa Newsletter,no 2, juin 2006 (http://www.europe-richie.org/) August 25-27, 2006, Heidelberg (Germany) 3rd Conference of the Interdisciplinary Research Forum Protest Movements (IFK) : "Between the 'Prague Spring´ and the 'French May´ : Transnational Exchange and National Recontextualization of Protest Cultures in 1960/1970s Europe". Information : http://www.ifk-protestbewegungen.org/ Septembre 2005, Cergy-Pontoise (France) Colloque : "The EC/EU : a world security actor ? An assessment after 50 years of the external actions of the EC/EU". Septembre 2006, United Kingdom "Balzan Workshop -Displacement and Replacement in the Aftermath of the Second World War, 1944-1948". Contact : balzanworkshop@bbk.ac.uk September 7-9, 2006, Zurich (Switzerland) "A Strained Partnership : European-American Relations and the Middle East from Suez to Iraq"; An international conference in Zurich/Switzerland (Center for Security Studies, ETH Zurich, The Parallel History Project on NATO and the Warsaw Pact). Information : http://www.isn.ethz.ch/php/ September 15-16, 2006, New York (USA) The New York State Association of European Historians will hold its fty-sixth annual meeting September-15-16, 2006 at the Hartwick College, Oneonta, NY. 19 September 2006, Wolverhampton (United Kingdom) "Suez and after : Fifty years of Western intervention in the Middle East" : one day conference, on the impact of Suez, 50 years after the de ning event in the history of Western intervention in the region. October 2006, Maastricht (Netherlands) Fourth Biennial Conference on Transatlantic Studies : "Transatlantic Con ict & Consensus : Culture, History & Politics". October 4-6, 2006, Copenhagen (Denmark) "Media, Democracy and European Culture". Contact : bonde@hum.ku.dk October 6-7, 2006, Kiev (Ukraine) Fourth International Workshop"Strategic Elites and EU Enlargement : Reactions by, and the Prospects for, East European States currently left out". Organiser : The International Network for the Study of Strategic Elites and European Enlargement, sponsored by the British Academy and Academy of Sciences of Ukraine. Updated programme information will be available on http://www.sociology.kharkov. ua/ and http://www.i-soc.com.ua/. 27